Que cette époque est déconcertante !

J’ai beau me dire que la notion d’invention est valable autant pour les découvertes issues ex-nihilo d’un esprit prolixe que pour la réappropriation opportune d’idées, je crains que cette génération ne se contente de réinventer la roue !

 

C’est l’arrière petit-fils de bucheron qui vous parle d’une époque pas si éloignée, de gens réputés frustres et qui plantaient des arbres pour les trois générations suivantes… Couper l’un de ces arbres a été pour moi une émotion rare ! Et l’occasion de m’interroger sur ce que moi, Didier Longueville, je fais en 2009 pour les enfants de mes enfants en … 2060?.

 

La lecture de l’actualité environnementale me semble bien fade, qu’il s’agisse du « Grenelle de l’Environnement » ou de la « taxe carbonne ». Et pourtant, je mesure à l’aune des nouvelles contraintes imposées aux entreprises que ces mesures ont, enfin, un impact positif sur les processus industriels. Mais que d’inertie !

 

Alors que faire ? Mon approche consiste à convaincre les étudiants de se réapproprier une réflexion « aux limites » et de ne pas se contenter d’une approche « discrète », trop focalisée et immédiate. A cet égard, l’étude rétrospective de la constitution des réseaux ferrés en France constitue un modèle (perfectible, certainement) industriel, intégrant le souci des approvisionnements jusqu’à celui de l’élimination des déchets, intégrant le souci de la formation et de la promotion continue, jusqu’à celui de l’accompagnement des veuves d’accidentés du travail (à qui étaient prioritairement réservés des postes de garde barrière, ce qui leur garantissait un toit et un revenu) pour ne prendre que ces exmples.

 

Utopie ? Le même raisonnement s’applique malheureusement à la formation des plus grands esprits de ce pays : je me remémore une conversation avec un éminent mathématicien, directeur pendant de nombreuses années d’un institut de recherche de mathématiques et se plaignant de ce que les élèves polytechniciens (il était membre du jury) ne raisonnaient pas plus loin que la capacité de leur calculette. Je termine en vous confiant que j’étais au fond  de moi-même rouge de honte car je demandais à cet érudit de relire et corriger une présentation très simpliste d’une fonction que lui-même avait étudié dans ses moindres recoins, j’ai cité, les équations de Mathieu. Je me suis arrêté à la page 2 de sa thèse !

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